
1 - mes
premières armes
2 - la prise de conscience
3 - mon engagement cynégétique
4 - je
prends du recul
J'ai été initié à la chasse très jeune. Vivant à la ferme de mes parents, je n'ai pas le souvenir d'être un jour "entré" en nature, tout simplement parce que j'y étais né dedans.
Dès que nos forces nous le permettaient, enfants de la campagne, nous nous faisions confectionner une fronde par un aîné, avec laquelle nous tuions force moineaux, et les jours fastes quelque grive. Très vite, -vers 9/10 ans ?-, nous troquions cette arme très imparfaite pour la carabine 9 mm qui traînait dans toutes les fermes, et c'est à peine un peu plus tard que nous "héritions" d'une 14 mm qui, elle, permettait déjà de s'attaquer quasi à tous les volatiles sauvages qui s'aventuraient peu ou prou sur "notre" territoire. Et quand je dis "sauvages, que nos anciens voisins nous pardonnent si, avec d'autres, nous n'hésitions pas à ajouter au tableau les pigeons bisets qui avaient le malheur de ne pas connaître les limites de leur propre ferme. Les lapins constituaient alors notre plus gros gibier.
Bien entendu,
nous n'avions aucune idée de ce qu'était l'écologie -le
mot d'ailleurs n'existait pas, si ce n'est dans les milieux scientifiques-
Et nous ignorions tout autant qu'il puisse y avoir un permis de chasser et même
des dates d'ouverture et de fermeture de la chasse.
A 16 ans,
pas tant pour être en règle avec la loi, que parce que cela nous
faisait entrer dans le monde officiel des chasseurs, nous passions à
la mairie et à la perception, où pour une somme alors modique,
nous avions officiellement le droit de chasser que nous exercions sans vergogne
sur toutes les terres à portée de nos jambes, vélos ou
mobylettes, le département que j'habitais étant sous le régime
de ce qu'on appelait alors la chasse banale, et rares étaient les propriétaires
qui s'opposaient à l'exercice du droit de chasse par autrui sur leurs
terres.
Bien entendu, je ne me faisais alors pas prier pour monter chaque fois que possible
dans la voiture du père d'un copain, ce qui portait alors plus loin nos
expéditions.
Nous n'avions, pas plus que nos aînés, reçu de la part de
quiconque la moindre "éducation" cynégétique,
et seule la" tradition" faisait office de savoir faire.
Autant dire qu'ayant eu pour "tuteurs" deux sympathiques locaux peu
soucieux des autorités, nous ignorions parfaitement l'existence même
d'un Code Rural.
Nous chassions, nous tirions, nous piégions, nous ... braconnions.
Certes, nous étions
coupables, coupables d'ignorance, avec pour seule circonstance atténuante
que nous ne recevions aucune formation officielle.
Cette éducation empirique a eu toutefois le mérite de faire de moi un homme de terrain.
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Fort heureusement,
j'ai ensuite eu l'occasion de voyager et de me confronter à d'autres
cultures.
Curieux de nature, je lisais tout ce qui me tombait sous les mains concernant
la chasse, la nature.
Parallèlement, je devenais membre de diverses associations naturalistes
et confrontais déjà mes idées avec celles d'autres utilisateurs
de nature.
Ayant suivi par le plus grand des hasards une toute autre voie professionnelle que celle que j'aurais pu prendre en étant né dans le monde agricole, et l'ayant ensuite forcément regretté, je participais ensuite pour ma seule satisfaction intellectuelle à des stages sur diverses disciplines naturalistes, en même temps que je ne manquais pas de bénéficier de la formation assurée par les associations naturalistes, à défaut de celles qu'auraient pu organiser nos organismes de tutelles cynégétiques, complément absents sur ce sujet.
Je voyais la société changer, en même temps que le monde de la chasse restait pétri dans son incroyable immobilisme.
Je ne me reconnaissais plus dans ce chasseur que j'avais été, "chasseur-cueilleur" , croyant la nature inépuisable.
Je savais ce temps était révolu.
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Dès
lors, je tentais, mais en vain de faire évoluer les choses de l'intérieur.
C'est, dans de tels cas, la démarche la plus logique.
Sentant une résistance totale, je créais en 1989 avec quelques
amis l'ANCER (association nationale pour une chasse écologiquement responsable),
pensant tout en restant dans le monde de la chasse, avoir là l'outil
indépendant qui permettrait de réunir chasseur modernes et naturalistes.
Force m'a été de constater que l'enthousiasme du monde de la chasse,
mais aussi du monde naturaliste n'a jamais été, sauf exceptions,
bien grand. Et l'engagement quasi nul.
Je me faisais
nommer Lieutenant de Louveterie, fonction que j'ai exercée pendant une
petite dizaine d'années.
Et je prenais la présidence d'une ACCA, celle de l'association départementale
des chasseurs de grand gibier, et autres fonctions de membres du Conseil d'administration
d'associations cynégétiques spécialisées.
L'association des chasseurs de grand gibier (ANCGG) ayant mis en place le brevet grand gibier, je le passais à la première occasion.
Mais au final, je démissionnais de toutes ses fonctions, voyant le monde de la chasse arqué sur des positions d'arrière garde et refusant toute idée même de réforme.
Je me rapprochais un peu plus des associations naturalistes, sans conviction toutefois sur leur volonté de faire changer le monde de la chasse.
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Puis vient
un moment, où il faut savoir laisser la place à plus jeune que
soi.
Le moment de la réflexion, celui d'une autre manière de militer.
Hors de la mêlée, avec le recul nécessaire.
J'ai donc
ouvert ce site.
Vous pouvez m'écrire si vous désirez parler de tout cela
Maurice bigorre
Une journée de chasse :
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